Olympe de Gouges
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Olympe de Gouges, de son nom de naissance Marie Gouze, née le 7 mai 1748
1791 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a
laissé de nombreux écrits et pamphlets en faveur des
droits civils et politiques des femmes et de l'abolition de l'esclavage
des Noirs dans les colonies. Elle est considérée comme l'une des
pionnières françaises du féminisme, et est souvent prise pour emblème
par les mouvements pour la libération des femmes.
Née dans le Sud-Ouest de la France, Olympe de Gouges commence sa
carrière de dramaturge à Paris dans les années 1780. Défenseuse des
droits de l'homme, elle est l'une des premières figures publiques Ă
s'opposer à l'esclavage en France. Ses pièces de théâtre et ses
pamphlets couvrent un large éventail de sujets, notamment le divorce et
Elle accueille favorablement le déclenchement de la
Révolution française, mais s'estime déçue lorsque l'égalité des droits
n'est pas accordée aux femmes. En 1791, en réponse à la
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, elle publie sa
laquelle elle remet en question la pratique de l'autorité masculine et
plaide en faveur de l'égalité des droits pour les femmes.
De Gouges Ă©tait associĂ©e aux Girondins modĂ©rĂ©s et s'opposait Ă
l'exécution de Louis XVI. Ses écrits de plus en plus véhéments, qui
attaquaient les Montagnards radicaux de Maximilien de Robespierre et le
gouvernement révolutionnaire sous la Terreur, ont conduit à son
arrestation et à son exécution par la guillotine en 1793.
Contents
• Biographie
•
• La fin
• Postérité
• Hommages
• Télévision
• Odonymie
• Divers
• Œuvres
• Théâtre
• Littérature
• Théâtre
• Filmographie
• Notes
• Références
• Voir aussi
• Bibliographie
• Audio/vidéo
• Liens externes
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Biographie
Premières années à Montauban
Née le 7 mai 1748 à Montauban et baptisée le lendemain en
l'église Saint-Jacques de Montauban, Marie Gouzecite-ref-bapt-me-2-0[2]cite-ref-3[3]cite-ref-7[note 1] a été
déclarée fille de Pierre Gouze, maître boucher et bourgeois de
Montaubancite-ref-8[7]– étant absent, il n'a pas signé le registre de baptême –,
et d'Anne Olympe Mouisset, fille d'un avocat issu d'une famille de
Sa famille maternelle, la famille Mouisset, est très liée aux Lefranc de
Pompignan, une famille de la noblesse de robe de Montauban. Le
grand-père maternel d'Olympe, Jacques Mouisset, a été le précepteur de
Jean-Jacques Lefranc de Pompignan ; sa grand-mère maternelle Anne Marty
a été la nourrice de Jean-Georges Lefranc de Pompignan, son frère et
futur évêque du Puy-en-Velaycite-ref-nbk-11-0[9]. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan est
le parrain d'Anne Olympe Mouisset, baptisée le 11 février 1714cite-ref-12[10].
Anne Olympe Mouisset et Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, de cinq ans
son aîné, grandissent ensemble et nouent des liens affectifs qui
contraignent leurs parents Ă mettre de la distance entre eux, une
alliance entre une famille bourgeoise et une famille de la noblesse
étant inconcevable ; lui est envoyé à Paris, et elle est mariée à Pierre
Gouzecite-ref-nbk-11-1[9]. Jean-Jacques Lefranc de Pompignan revient en 1747 Ă Montauban
comme président de la Cour des Aides ; il est peut-être alors l'amant
d'Anne Olympe Gouze, qui donne naissance à Marie l'année suivantecite-ref-nbk-11-2[9].
Selon le député Jean-Baptiste Poncet-Delpech et d'autres, « tout
Montauban » sait que Lefranc de Pompignan est le père adultérin de la
future Marie-Olympe de Gougescite-ref-13[11].
En 1765, à l'âge de dix-sept ans, Marie Gouze est mariée par ses parents
à Louis-Yves Aubry, à qui la légende a donné trente ans de plus
qu'ellecite-ref-14[12], mais qui était jeune selon ses biographes les plus
sérieuxcite-ref-blanc201429-15-0[13]. Son mari, fils d'un bourgeois de Paris, est cuisinier et
officier de bouche de l'intendant de Montaubancite-ref-foresti-1901102-16-0[14]. Le mariage religieux
est célébré le 24 octobre 1765, en l'église Saint-Jean-Baptiste de
En août 1766, la jeune femme donne naissance à son fils Pierre
Aubrycite-ref-foresti-190195-19-0[17].
Son mari, qu'elle déclara plus tard ne pas avoir aimé, ayant au
contraire éprouvé de la répugnance pour un homme « qui n'était ni riche
ni bien né »cite-ref-20[18], mourut à une date incertaine : en 1766 dans une crue
du Tarn selon Olympe de Gouges, mais peut-ĂŞtre plus tard vers 1770-1771,
alors qu'elle s'est enfuie du domicile conjugal pour venir Ă Pariscite-ref-21[19].
Elle écrira : « Forcée de fuir un époux qui m'était odieux, je m'enfuis
à Paris avec mon fils »cite-ref-foresti-190124-22-0[20].
Au dĂ©but des annĂ©es 1770, avec son fils, elle rejoint sa sĹ“ur aĂ®nĂ©e Ă
Paris et prend le nom d'Olympe de Gouges ; « elle a désormais une
Premières années à Paris : une vie de courtisane
La recherche historique n'a pas déterminé avec quelles ressources elle
arriva dans la capitalecite-ref-foresti-190127-23-1[21] et la plus grande obscurité règne sur ses
premières années à Pariscite-ref-foresti-190129-25-0[23]. Selon la correspondance de Grimm, « son
joli visage était son unique patrimoine »cite-ref-groult2013-26-0[24].
Son contemporain Jean-Baptiste Poncet-Delpech, aussi originaire de
Montauban et qui la connut à Paris, la dit « devenue fille entretenue
par des négociants, des grands seigneurs, des ministres, des princes,
etc. »cite-ref-foresti-190129-25-1[23].
Elle mène alors une vie libre et entretient plusieurs liaisons (elle
qualifiait le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de
l'amour »cite-ref-blanc-27-0[25]), particulièrement avec Jacques Biétrix de Rozières, un
entrepreneur de transports militairescite-ref-28[26], avec qui elle entretiendra
une longue liaison et qui en dix ans lui donnera 70 000 francs devant
notairecite-ref-29[27].
Il n'est pas douteux qu'elle eut des amants et des protecteurs, mais «
il est certain que ce ne fut point une courtisane âpre au gain »cite-ref-foresti-190130-30-0[28].
Menant une vie luxueuse et galante de manière assez ostentatoire, elle
acquiert une réputation de courtisane entretenue par les hommes, dans un
contexte où la femme libre est assimilée à une prostituéecite-ref-31[29].
Benoîte Groult écrit à son sujet : « Si le Petit Dictionnaire des Grands
Hommes a évoqué sa notoriété de « femme galante », si
Restif de La Bretonne l'a placée injustement dans sa « liste des
prostituées de Paris », si son biographe Monselet lui a prêté des
caprices de « Bacchante affolée », elle ne défraya jamais la chronique
scandaleuse de son temps et sa célébrité réelle date plutôt de l'époque
où elle fréquenta les littérateurs et les philosophes, espérant combler
un peu les lacunes de son éducation. On l'acceptait volontiers
courtisane, on trouvait incongrues « ses prétentions intellectuelles
»»cite-ref-groult2013-26-1[24].
Grâce au soutien financier de Jacques Biétrix de Rozières, elle peut
mener un train de vie aisé, figurant dès 1774 dans l'Almanach de Paris
ou annuaire des personnes de condition. Elle demeure rue des Fossoyeurs,
aujourd'hui rue Servandoni, au no 18-22.
Fréquentation des salons littéraires parisiens et rencontre avec le théâtre
Elle se met à fréquenter les salons littéraires afin de diminuer les
lacunes de son éducation limitéecite-ref-32[30] (elle écrit : « Je n'ai pas
l'avantage d'être instruite »cite-ref-33[31]), où elle rencontre lettrés, artistes
et hommes politiquescite-ref-34[32].
Elle fréquente assidûment les salles de spectacle parisiennes, participe
en tant qu’actrice à des représentations de théâtre de société et se
lance dans la rédaction d’œuvres dramatiques, où elle met en scène ses
idées et ses combats, mais aussi parfois son personnagecite-ref-lucet-35-0[33]. Sa vocation
pour le théâtre fut peut-être pour Olympe de Gouges une façon d'affirmer
sa filiation supposée avec le dramaturge
Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, mais sans doute aussi le résultat
d’une « théâtromanie » d’époquecite-ref-lucet-35-1[33].
Support privilégié des idées nouvelles, le théâtre demeure à cette
époque sous le contrôle étroit du pouvoir. Olympe de Gouges monte sa
propre troupe, avec décors et costumes. C'est un théâtre itinérant qui
se produit à Paris et sa région. Le marquis de la Maisonfort raconte
dans ses Mémoires comment, en 1787, il rachète le « petit théâtre »
d'Olympe de Gouges, conservant d'ailleurs une partie de la troupe dont
fait partie le jeune Pierre Aubry, son fils.
Vers 1782, à l'âge de 34 ans, elle écrit sa première pièce,
Zamore et Mirza, un drame en prose en trois actes qui traite de
l'esclavage des Noirs. Mais ce n'est qu'en décembre 1789 que la pièce
est créée à la Comédie-Française, sous le titre L'esclavage des Nègres.
La première représentation se déroule dans un chahut hostile sans doute
organisé par les anti-abolitionnistes et les critiques se montrent
sévères, pour des raisons tant morales que littéraires. On lui reproche
l'abus du romanesque, la composition désordonnée du drame et la
platitude du style. La pièce est retirée après seulement trois
représentations (sous la pression des colons, d'après Olympe de Gouges).
Elle est publiée en mars 1792cite-ref-36[34].
En avril 1790, dans ses Adieux aux Français, elle annonce qu'elle vient
d'écrire une seconde pièce abolitionniste, intitulée Le Marché des
Noirs. Mais elle la propose sans succès en décembre de la même
annéecite-ref-37[note 3]. Le 22 juillet 1793, surlendemain de son arrestation, puis
le jour mĂŞme de sa condamnation Ă mort le 2 novembre, elle invoque sa
pièce L'Esclavage des Nègres, pour preuve de son patriotisme et de son
combat de toujours contre la tyranniecite-ref-blanc2003204-et-2018-38-0[35].
Essais sur la question coloniale, le racisme et l'esclavage
En plus de ses deux pièces de théâtre antiesclavagistes, antiracistes et
anticolonialistes, Olympe de Gouges publie en février 1788 des
Réflexions sur les hommes nègres :
« L'espèce d'hommes nègres, écrivait-elle avant la Révolution, m'a
toujours intéressée à son déplorable sort. Ceux que je pus interroger
ne satisfirent jamais ma curiosité et mon raisonnement. Ils traitaient
ces gens-lĂ de brutes, d'ĂŞtres que le Ciel avait maudits ; mais en
avançant en âge, je vis clairement que c'était la force et le préjugé
qui les avaient condamnés à cet horrible esclavage, que la Nature n'y
avait aucune part et que l'injuste et puissant intérêt des Blancs
avait tout faitcite-ref-39[36]. »
Ce texte la met en contact avec la société des amis des Noirs, dont elle
ne peut cependant ĂŞtre membrecite-ref-40[note 4] en raison de ses cotisations
élevées et de son règlement intérieur exclusifcite-ref-41[37]. En janvier 1790,
soit près de deux ans après la naissance de cette société, elle nie — en
réponse aux imputations d'un colon — lui devoir ses idées :
« Ce n'est pas la cause des philosophes, des Amis des Noirs que
j'entreprends de défendre mais la mienne propre, et vous voudrez bien
me permettre de me servir des seules armes qui sont en mon pouvoir… Je
puis donc vous attester, Monsieur, que les Amis des Noirs n'existaient
pas quand j'ai conçu ce sujet, et vous deviez plutôt présumer, si la
prévention ne vous eût pas aveuglé, que c'est peut-être d'après mon
drame que cette société s'est formée, ou que j'ai eu l'heureux mérite
de me rencontrer noblement avec ellecite-ref-42[38]. »
Dans la brochure, elle nie connaître « M. de La Fayette », « ce héros
magnanime », autrement que de « réputation ». En février 1788, Lafayette
est pourtant un des membres fondateurs de cette société, et elle
n'aurait évidemment pas manqué de le croiser. Si au début de l'année
1790, elle n'est pas membre de la société des amis des Noirscite-ref-43[39], il se
peut qu'elle y soit entrée au deuxième semestre 1790 : Brissot affirme
en 1793, dans ses mémoires, sans en dater le fait, qu'elle y est
admisecite-ref-blanc200391-44-0[40]. Dans les archives de la Société, pour la tranche
chronologique 19 février 1788-11 juin 1790, son nom est seulement
mentionné deux fois, en janvier et avril 1790 ; et ce comme une
abolitionniste extérieure à la Sociétécite-ref-45[41]. Cette adhésion relativement
tardive coïnciderait avec l'écriture de sa seconde pièce de théâtre
antiesclavagiste, le Marché des Noirs. Comme antiesclavagiste, elle est
citée en 1808 par un ancien adhérent actif, l'abbé Grégoire, dans la «
Liste des Hommes courageux qui ont plaidé la cause des malheureux Noirs
» en préambule de De La littérature des Nègres. Les 69 personnes qui y
figuraient n'avaient pas toutes appartenu Ă cette Association. Cette
liste est une dédicace à toutes les personnalités françaises qui avaient
mené le combat pour la cause des Noirs et des sang-mêléscite-ref-piquet-46-0[42]. Une telle
mention témoigne de l'importance du combat d'Olympe de Gouges sur les
questions colonialescite-ref-blanc2003-47-0[43].De décembre 1789 à mars 1790 elle écrit deux
lettres et un mémoire à propos du montage de sa pièce, Zamor et Mirza :
"lettre de Mme de Gouges, auteur de l'esclavage des nègres au public"
(Chronique de Paris, 19 décembre 1789) ; « lettre aux littérateurs
français » (Le Courrier de Paris, le Fouet national 2 mars 1790),
Mémoire pour Mme de Gouges contre les Comédiens-Français (mars 1790). Le
24 avril 1790, en proie provisoirement au découragement sur la
révolution en général et la question de l'esclavage en particulier, elle
annonce une mise en congé et écrit :
« Par ailleurs qu'ai-je dit aux colons ? Je les ai exhortés à traiter
leurs esclaves avec plus de douceur et de générosité. Mais ils ne
veulent pas perdre la plus légère partie de leurs revenus. Voilà le
sujet de leurs craintes, de leur rage, de leur barbariecite-ref-48[44]. »
On ne contestera pas la modération de ce texte. Mais il faut le remettre
dans le contexte de son quasi-isolement et de l'échec du montage de
Zamor et Mirza dont elle dut tenter, sans résultat, d'adoucir le ton
face au maire de Paris, Bailly, très lié au club de l'hôtel de Massiac.
Pour la première fois à la mi-septembre 1791 dans le postambule de sa «
déclaration des droits de la femme et de la citoyenne », en même temps
qu'elle plaide le remplacement du mariage patriarcal et marital, par un
« Contrat social de l'homme et de la femme », acceptant le principe du
divorce, elle donne un avis sur l'infériorisation des mulâtres,
propriétaires d'esclaves, par les Blancs :
« Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles
que cause, dit-on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos
îles… Les Colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils
sont les pères et les frères ; et méconnoissant les droits de la
nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte
de leur sang. Ces colons inhumains disent : notre sang circule dans
leurs veines, mais nous le répandrons tout (sic), s'il le faut, pour
Elle défend chaleureusement les droits des mulâtres, enfants naturels
issus d'une relation sexuelle illégitime entre une esclave et un blanc.
Elle invoque implicitement par solidarité avec eux sa propre naissance
illégitime, et explicitement sa foi dans le droit naturel. À ce titre,
elle approuve avec ses imperfections le décret amendé du 15 mai 1791,
voté par tout le côté gauche antiségrégationniste – Robespierre excepté
– de l'Assemblée constituante ; décret qu'elle estime « dicté par la
les nommer, Barnave, les Lameth, leurs complices à l'Assemblée nationale
qui tentent de faire abroger le décret du 15 mai comme ils y réussiront
finalement le 24 septembre 1791 :
« Il n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces
fermentations incendiaires : il y en a dans le sein mĂŞme de
l'Assemblée nationale : ils allument en Europe le feu qui doit
embraser l'Amériquecite-ref-groult2013174-53-0[49]. »
Pour autant elle refusa d'admettre en 1792 le droit au recours Ă la
violence de la part des mulâtres et des esclaves de Saint-Domingue pour
défendre leurs droits ; droit pourtant admis par un nombre ascendant de
patriotescite-ref-piquet-46-1[42].
« C'est à vous, actuellement, esclaves, hommes de couleur, à qui je
vais parler ; j'ai peut-être des droits incontestables pour blâmer
votre férocité : cruels, en imitant les tyrans, vous les justifiez (…)
Quelle cruauté, quelle inhumanité ! La plupart de vos maîtres étaient
humains et bienfaisants et dans votre aveugle rage vous ne distinguez
pas les victimes innocentes de vos persécuteurs. Les hommes n'étaient
pas nés pour les fers et vous prouvez qu'ils sont nécessaires. Je ne
me rétracte point j'abhorre vos tyrans, vos cruautés me font
horreurcite-ref-varikas1989-54-0[50]. »
Ce texte lui valut par lettre le persiflage de Manuel, en avril 1792,
adjoint du maire Pétion :
« … Mme de Gouges a voulu aussi concourir à la rédemption des Noirs ;
elle pourra trouver des esclaves qui ne veulent pas de leur
libertécite-ref-piquet-46-2[42]. »
Dans son roman Ingénue (1853), Alexandre Dumas traite dans le chapitre
Le Club Social de la dénonciation de l'esclavage et donne un panorama du
mouvement abolitionniste à la veille de la Révolution française (1788) ;
il consacre un paragraphe Ă Olympe de Gouges, auteure de Zamore et
Mirza.
Révolution française
En 1788, le Journal général de France publie deux brochures politiques
d'Olympe de Gouges, dont son projet d'impôt patriotique développé dans
sa Lettre au Peuplecite-ref-55[51]. Dans sa seconde brochure, les Remarques
patriotiques, par l’auteur de la Lettre au Peuplecite-ref-56[52], elle développe un
vaste programme de réformes sociales et sociétales. Ces écrits sont
suivis de nouvelles brochures qu’elle adresse épisodiquement aux
représentants des trois premières législatures de la Révolution, aux
Clubs patriotiques et à diverses personnalités dont Mirabeau, La Fayette
et Necker qu'elle admire particulièrement.
Ses propositions sont proches de celles des hĂ´tes
d'Anne-Catherine Helvétius, qui tient un salon littéraire à Auteuil, et
où l'on défend le principe d'une monarchie constitutionnelle. En 1790,
elle s'installe elle-mĂŞme Ă Auteuil, dans la rue du Buis, et y demeure
jusqu'en 1793. Elle y est cette année-là arrêtéecite-ref-57[53].
Fin août et début septembre 1791, dans Avis pressant au roi puis
Repentir de Mme De Gouges, elle exprime ses réticences à l'égard d'une
constitution qui accorde trop peu de pouvoirs au roi. Son approche est «
monarchienne ». À ses yeux, l'égalité doit être stricte entre le pouvoir
législatif et le roi des Françaiscite-ref-blanc2003149-150-58-0[54].
Point de vue qu'elle maintient en mars 1792 envers et contre l'avis de
patriotes qu'elle respecte alors particulièrement : « Les Robespierre,
les Pétion, les Brissot, les abbé Fauchet, les Manuel, ces tribuns
cependant plus solides dans leurs opinions que ces représentants du
peuple qui se sont vendus bassement aux trames de la Cour, ne manqueront
pas de crier à la royalistecite-ref-59[55]. »
Avoir cité Maximilien Robespierre, dans ce groupe de tribuns qui ne se
sont pas « vendus bassement aux trames de la Cour », fragilise l'image
que certains historiens ont élaborée en elle d'une avocate, sous la
Constituante, du suffrage censitaire ou du marc d'argent. C'Ă©taient lĂ
deux concepts que Robespierre combattait résolument. Et en avril 1792,
commentant la limitation du droit de vote et d'éligibilité aux citoyens
riches et propriétaires, elle conteste la constitution de septembre 1791
du fait de son caractère censitaire et masculin qui, à ces deux titres,
l'exclut du droit de vote :
« Fuyez cette horde confuse, ce mélange effroyable de Feuillants,
d'aristocrates, d'émissaires de Coblentz, des brigands de tout genre,
de tout état, de toute espèce et qui ne fondent leur fortune que sur
celle de citoyens propriétairescite-ref-60[56]. »
À ses débuts dans le conflit opposant les Girondins aux Montagnards,
elle s'engage pour les seconds contre les premiers : comme Robespierre
et Marat, elle s'oppose à la guerre d'attaque plaidée par Brissot,
et avril 1792 le prouvent :
« Où nous mèneront tous ces préparatifs de guerre, comment soutenir
une campagne, comment ne pas redouter les effets de la plus petite
attaque ? […] Aveugle furie, affreuse victoire. Que de chères, de
précieuses victimes vont périr sous le glaive ennemicite-ref-61[57]. »
Quelques jours avant la déclaration de guerre du 20 avril 1792, elle
cite en ce sens Robespierre :
« … il faut convaincre, et rendre à chacun la liberté de délibérer sur
le sort de son pays […] voilà ma motion, et je m'oppose, comme M.
Robespierre, au projet de la guerrecite-ref-62[58]. »
En mars 1792, elle critique ironiquement Brissot :
« Je ne suis pas tout - à - fait l'ennemie des principes de M.
Brissot, mais je les crois impraticables […] Il est aisé même au plus
ignorant, de faire des révolutions sur quelques cartons de papier ;
hélas l'expérience de tous les peuples & celles que font les Français,
m'apprennent que les plus savants & les plus sages n'établissent pas
leurs doctrines sans produire des maux de toutes espècescite-ref-varikas1989-54-1[50]. »
Cependant, en octobre 1792, en raison de ses relations avec le
marquis de Condorcet et son épouse née Sophie de Grouchy, elle rejoint,
pour quelques mois, les Girondins. Elle fréquentait les Talma, le
marquis de Villette et son épouse, également Louis-Sébastien Mercier,
François de Pange et Michel de Cubières, secrétaire général de la
Commune après le 10 août, qui vit avec la comtesse de Beauharnais,
autrice dramatique et femme d’esprit qui tient un salon rue de Tournon.
Avec eux, elle devient républicaine comme beaucoup de membres de la
société d’Auteuil qui, presque tous, s’opposent à la mort de Louis XVI.
Sous le choc de la découverte de l'armoire de fer, fin novembre 1792
elle écrit une pièce de théâtre républicaine, La France sauvée ou le
tyran détrôné, qui se déroule la veille de la journée du 10 août 1792 :
« — Madame Élisabeth : (…) Je ne peux être unie qu'à un roi, simple
citoyen. Vous pouvez prétendre à mon cœur dans le silence mais vous ne
serez jamais mon époux. « — Barnave : Songez Madame qu'un représentant
du peuple, un Barnave, vaut les Rois que vous citez. Je ne diffère
d'avec eux que par cet esprit de politique, de trahison (…) Que me
manquerait-il encore pour vous mériter ? « — Madame Élisabeth : Le
sang royal ! « — Barnave : Songez que j'ai racheté ce sang, par celui
que j'ai fait couler, l'Amérique fume encore de ce sang que vous me
reprochez. Cruelle, quand j'ai conservĂ© peut-ĂŞtre seul le trĂ´ne Ă
votre frère, vous me reprochez ma naissance. Avez-vous pu oublier
qu'il n'a dépendu peut-être que de moi, d'abolir la royauté en France
? (…) « (…) Et la révision de la Constitution, n’est-elle pas mon
ouvrage ? Et les agitations perpétuelles de la France et de l’Amérique
ne me donnent-elles pas le droit de vous obtenir ?cite-ref-63[59] »
Cet extrait reflète une nouvelle condamnation de la
constitution de septembre 1791, laquelle condamnation ridiculisa son
fondateur Barnave. Celui-ci avait trahi l'année précédente les principes
quand, le 3 septembre, il refusa d'insérer le droit mutuel au divorce,
imposa le suffrage censitaire, le marc d'argent et fit révoquer le 24
septembre les droits des mulâtres. Le député de Grenoble a agi ainsi par
amour pour la sœur de Louis XVI, Madame Elisabeth, et celle-ci, sans
reconnaissance, l'éconduisit du fait de ses origines roturières.
Le 16 décembre 1792, Olympe de Gouges se proposa d'assister Malesherbes
dans la défense du roi devant la Convention, mais sa demande fut rejetée
avec mépriscite-ref-blanc-27-1[25]. Le 18 janvier 1793 elle renonça à toute sa philosophie
abolitionniste : en cas de victoire du sursis à l'exécution de Louis XVI
qu'elle appelait de ses vœux, tous les membres de la famille royale
devaient face à l'ennemi aux frontières, servir d'otages, y compris les
deux enfants innocents.
« Le fils de Louis est innocent, mais il peut prétendre à la couronne,
et je veux lui ôter toute prétention. Je voudrais donc que Louis, que
sa femme, ses enfants et toute sa famille fussent enchaînés dans une
voiture et conduits au milieu de nos armées, entre le feu de l'ennemi
et notre artillerie. Si les brigands couronnés persistent dans leurs
crimes, et refusent de reconnaître l’indépendance de la république
française, je briguerai l’honneur d’allumer la mèche du canon qui nous
délivrera de cette famille homicide et tyranniquecite-ref-64[60]. »
Lors de la rupture entre Robespierre et Pétion en novembre 1792 à la
Convention, elle prend parti pour Pétion. À l'automne 1792, chez les
Montagnards, en fait c'est surtout Maximilien de Robespierre, Marat et
Bourdon de l'Oise qu'elle attaque. En mars 1793, elle prend ses
distances avec les Girondins et appelle, au nom de la République, tous
les courants politiques de la convention nationale Ă s'unir :
« Montagne, Plaine, Rolandistes, Brissotins, Buzotins, Girondistes,
Robespierrots, Maratistes, disparaissez épithètes infâmes !
Disparaissez à jamais et que les noms de législateurs vous remplacent
pour le bonheur du peuple, pour la tranquillité sociale et pour le
triomphe de la patriecite-ref-65[61]. »
Égalité des sexes et droits des enfants naturels
Elle considère que les femmes sont capables d’assumer des tâches
traditionnellement confiées aux hommes et, dans pratiquement tous ses
écrits, elle demande qu’elles fussent associées aux débats politiques et
aux débats de société. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger
« son sexe » qu’elle dit malheureux, elle rédige et publie en septembre
1791 une Déclaration des droits de la femme et de la citoyennecite-ref-66[62],
calquée sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789,
dans laquelle elle affirme l’égalité des droits civils et politiques des
deux sexes, insistant pour qu’on rende à la femme, les droits naturels
que la force du préjugé lui a retirés. Ainsi, elle écrit : « La femme a
le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de
monter à la Tribune. » La première, elle obtient que les femmes soient
admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi »
du 3 juin 1792, puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14
juillet 1792.
Son combat pour les femmes se poursuit dans ses productions
théâtralescite-ref-67[63], notamment dans Le Couvent ou les vœux forcés (1790).
Alors qu'à l'Assemblée constituante les députés débattent de l'utilité
des couvents et de la liberté des femmes, elle les écoute attentivement,
n'hésitant pas à prendre des notes afin d'emprunter leurs idées et de
les transmettre à ses personnages. L'un d'entre eux, l'abbé Gouttes,
deviendra d'ailleurs le héros de sa pièce à travers le personnage du
curécite-ref-68[64].
Parmi les premiers, elle demande l’instauration du divorce en février
1790, dans une pièce de théâtre, La Nécessité du divorce. Elle
renouvelle cette demande en septembre 1791 dans les commentaires de sa
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Enfin, cinq mois
plus tard, en février 1792, dans l'essai Le Bon sens du Français, elle
s'exprime à nouveau en ce sens. Elle y reproche aux anciens députés
feuillants de n'avoir pas, au nom de leurs principes autoproclamés de
liberté et d'égalité, introduit le droit au divorce dans la constitution
de 1791. Ce principe est finalement adopté par l'assemblée législative
le 20 septembre 1792. Elle demande également la suppression du
mariage religieux, et son remplacement par une sorte de contrat civil
vraiment égalitaire, signé entre concubins et qui prenne en compte les
enfants issus de liaisons nées d’une « inclination particulièrecite-ref-blanc-27-2[25] ».
En 1790, elle insère dans une motion au duc d'Orléans un plaidoyer pour
le droit au divorce et un statut équitable pour les enfants naturels en
fait surtout consacré au second pointcite-ref-groult2013177-178-69-0[65]. C’est, à l’époque,
véritablement révolutionnaire, de même son engagement en faveur de la
libre recherche de la paternité et la reconnaissance d’enfants nés hors
mariage. À l'instar du droit au divorce, pour lequel son engagement est
aussi fortcite-ref-70[66], elle répète ces requêtes dans les annexes de sa
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle est aussi
une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de
protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui et,
s’indignant de voir les femmes accoucher dans des hôpitaux ordinaires,
elle réclame la création de maternités. Enfin, sensible à la pauvreté
endémique, elle prône la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs
et de foyers pour mendiantscite-ref-71[67].
Toutes ces mesures préconisées « à l’entrée du grand hiver » 1788-1789
sont considérées par Olympe de Gouges comme essentielles, ainsi qu’elle
le développe en septembre 1793 dans son ultime écrit, Une patriote
persécutée.
La fin
En 1793, elle s’en prend vivement à ceux qu’elle tient pour responsables
des massacres des 2 et 3 septembre 1792 : « Le sang, même des coupables,
versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les Révolutions
». Elle désigne particulièrement Marat, qu'elle traite d'« avorton de
l'humanité »cite-ref-demeester-72-0[68], l’un des signataires de la circulaire du 3 septembre
1792 proposant d’étendre les massacres de prisonniers dans toute la
France. Soupçonnant Robespierre, selon elle « l'opprobre et l'exécration
plusieurs écrits, ce qui lui vaut une dénonciation de Bourdon de l'Oise
Dans ses écrits du printemps 1793, partageant l’analyse de Vergniaud,
elle dénonce les dangers de dictature qui se profilent avec la montée en
puissance de la Convention montagnarde et la mise en place d’un
Comité de salut public le 6 avril 1793 qui s’arroge le pouvoir d’envoyer
les députés en prison. Après la mise en accusation du parti girondin
tout entier à la Convention le 2 juin 1793, elle adresse au président de
la Convention une lettre où elle s’indigne de cette mesure attentatoire
aux principes démocratiques (4 juin 1793), mais ce courrier est censuré
en cours de lecture. Ici aussi, elle garde ses distances avec la Gironde
en dédiant, au nom de l'unité de la Convention, voire de ses convictions
idéologiques, son affiche à Danton, qu'elle a ménagé – au contraire des
Brissotins – à l'automne 1792 :
« C’est toi Danton que je choisis pour le défenseur des principes que
j’ai développés à la hâte et avec abondance de cœur dans cet écrit.
Quoique nous différions dans la manière de manifester notre opinion,
je ne te rends pas moins la justice qui t’est due, et je suis
persuadée que tu me la rends aussi ; j’en appelle à ton profond
discernement, à ton grand caractère ; juge-moi. Je ne placarderai pas
mon testament ; je n’incendierai pas le peuple de Paris ni les
départements ; je l’adresse directement, et avec fermeté, aux
jacobins, au département, à la commune, aux sections de Paris, où se
trouve la majorité saine des bons citoyens, qui, quels que soient les
efforts des méchants, sauvera la chose publique. »
Elle s'accorde bien avec « le défenseur de principes » sur trois mesures
qu'il a demandées, parfois avec succès, depuis le mois de mars 1793.
Ainsi en est-il de sa proposition de vote demandée pour la libération
des prisonniers pour dettes le 9 mars 1793 qui constituait sept ans plus
tôt le thème de deux pièces de théâtre d'Olympe de Gouges, Le mariage
inattendu de Chérubin et L’homme généreux. Suit au printemps 1793, la
requĂŞte de Danton le 5 avril pour l'obtention d'un abaissement du prix
du pain pour les pauvres Ă corriger par une taxe sur les riches, puis,
les 27 avril et 8 mai, celle pour un impĂ´t sur les riches. Or, quatre
ans plus tôt, dans les remarques patriotiques de décembre 1788, Olympe
de Gouges préconisait une panoplie d’impôts sur les signes extérieurs de
richesse et un impôt volontaire à proportion du salaire. Deux mois après
la chute de la Gironde, c'est sous la présidence de Danton (25 juillet -
8 août 1793) que, le 27 juillet, la Convention montagnarde (sur demande
de l'abbé Grégoire) supprime le versement de primes aux négriers. La
lettre du 1er août 1793, adressée par Olympe de Gouges du fond de sa
prison Ă ce prĂ©sident de la Convention, avait peut-ĂŞtre trait Ă
l'esclavage et Ă la traitecite-ref-73[69]. D'autant que la mesure du 27 juillet
1793 était en réalité une confirmation d'un autre décret dans lequel ce
« défenseur des principes » était également impliqué. Le 11 août 1792,
l'assemblée législative avait voté une première fois la suppression de
ces versements de primes et le futur député de Paris venait la veille
d'entrer au Conseil exécutif provisoire comme ministre de la Justice.
Les 15 et 16 Pluviôse an II-3 et 4 février 1794 « le défenseur des
principes », en clamant fermement la nécessité d'émanciper sans délai
tous les Noirs des colonies, rend implicitement hommage au combat
abolitionniste d'Olympe de Gouges et Ă son appel unitaire du 9 juin
1793. Enfin, le 20 septembre 1792, Danton était toujours membre du
conseil exécutif provisoire lorsque l'assemblée législative légalisa cet
autre principe cher Ă Olympe de Gouges : le droit des femmes au divorce.
Par ailleurs elle admet implicitement le bien-fondé de la création, le
10 mars 1793, du tribunal révolutionnaire. Danton, son fondateur,
souligne, par son exclamation « soyons terribles pour dispenser le
peuple de l'être », que cette nouvelle institution préviendrait de
nouveaux « massacres de septembre » ; des massacres qu'elle a abhorrés.
Sophie Moussetcite-ref-74[70] relève qu'Olympe de Gouges, toute occupée en juin
1793 à défendre la démocratie politique, ne s'aperçoit pas de la
création par les Montagnards du vote le 28 juin 1793 d'« une loi de
soutien aux mères célibataires, et accès plein et entier à la
citoyenneté des enfants abandonnés » qu'elle a toujours appelée de ses
vœux.
D'après Annette Rosacite-ref-75[71], après la chute de la Gironde, les Montagnards
cherchent Ă oublier Olympe de Gouges. Mais, le 20 juillet 1793, elle se
met en contravention avec la loi de mars 1793 relative Ă l'interdiction
des écrits remettant en cause le principe républicain. Ainsi, sous le
titre de Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur
aérien compose-t-elle une affiche qui demande une élection à trois choix
: république une et indivisible, république fédéraliste, retour à la
monarchie constitutionnellecite-ref-blanc-27-3[25]. Pour avoir proposé ce troisième choix,
elle est arrêtée par les Montagnards le 20 juillet 1793, jour de
l'affichage du texte, et déférée le 6 août 1793 devant le
tribunal révolutionnaire qui l'inculpe.
Malade des suites d’une blessure infectée reçue à la prison de l'Abbaye
et réclamant des soins, elle est envoyée à l'infirmerie de la
Petite-Force, rue Pavée, dans le Marais, et partage la cellule d'une
condamnée à mort en sursis, Mme de Kolly, qui se prétend
enceintecite-ref-76[note 5]. En octobre suivant, elle met ses bijoux en gage au
mont-de-piété et obtient son transfert dans la maison de santé Mahay,
sorte de prison pour riches où le régime était plus libéral et où elle
a, semble-t-il, une liaison avec un des prisonniers. Désirant se
justifier des accusations pesant contre elle, elle réclame sa mise en
jugement dans deux affiches qu'elle réussit à faire sortir
clandestinement de prison et à faire imprimer. Ces affiches – « Olympe
de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée »,
son dernier texte – sont largement diffusées et remarquées par les
inspecteurs de police en civil qui les signalent dans leurs rapports.
Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures
après l'exécution de ses amis Girondins, elle est interrogée
sommairement. Privée d'avocat, elle se défend avec adresse et
intelligence. Condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir
un gouvernement autre que « un et indivisible », elle essaye par tous
les moyens d'échapper à cette peine capitale, allant même jusqu'à se
déclarer enceinte alors que déjà ménopausée. Les médecins consultés se
montrent dans l'incapacité de se prononcer, mais Fouquier-Tinville - au
fait de l'horloge biologique - ne peut que confirmer qu'il n’y a pas de
grossessecite-ref-77[note 6]. Le jugement est exécutoire, et la condamnée profite
des quelques instants qui lui restent pour Ă©crire une ultime lettre Ă
son fils, laquelle est interceptéecite-ref-78[72]. Selon un inspecteur de police en
civil, le citoyen Prévost, présent à l'exécution, et d'après le Journal
de Perlet ainsi que d'autres témoignages, elle monte sur l'échafaud avec
courage et dignité, contrairement à ce qu'en diront au XIXe siècle
l'auteur des mémoires apocryphes de Sanson et quelques historiens dont
Jules Michelet. Elle s'écrie devant la guillotine, située sur l'actuelle
place de la Concorde, : « Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort. »
Elle a alors 45 anscite-ref-79[73].
Son fils, l'adjudant général Pierre Aubry de Gouges, par crainte d'être
inquiété, la renie publiquement dans une « profession de foi civique
évoque :
« [cette] virago, la femme-homme, l'impudente Olympe de Gouges qui la
première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son
ménage, voulut politiquer et commit des crimes… Tous ces êtres
immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et
vouscite-ref-81[note 8] voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne
serez vraiment intéressantes et dignes d'estime que lorsque vous serez
ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes
soient respectées, c'est pourquoi nous les forcerons à se respecter
elles-mêmes. »
Postérité
Olympe de Gouges a laissé un fils, Pierre Aubry de Gouges, qui au début
de la Révolution vivait en concubinage avec Marie-Hyacinthe Mabille,
qu’il épousa après la Terreur et dont il eut au moins deux filles et
trois fils, dont :
• Geneviève Hyacinthe Aubry de Gouges (1793-1853), mariĂ©e en 1810 Ă
Basse-Terre (Guadeloupe) avec le capitaine William Wood, propriétaire en
Tasmanie où il est inhumé avec son épouse. C'est l'origine de la branche
australienne des descendants d'Olympe de Gougescite-ref-82[74] ;
• Louis Anacharsis Aubry de Gouges (1794-1855), marié à Paris avec
Louise Célestine Julie Leroycite-ref-ref-auto-1-83-0[75] ;
• Charlotte Olympe Aubry de Gouges (1796-1856), mariĂ©e en 1812 Ă
Philadelphie (États-Unis) avec John Robert Selden Garnett, sieur de
Champlain (1789-1840), origine de la branche américaine des descendants
d'Olympe de Gouges ;
• Jean HĂ©lie Hippolyte Aubry de Gouges (1798-1870), mariĂ© en 1839 Ă
Paris (Batignolles) avec Marie-Jeanne Hergottcite-ref-ref-auto-1-83-1[75].
Au début du Consulat, il fut confirmé dans le grade de chef de brigade
famille débarqua à Cayenne en juin 1802, au moment où le gouverneur
Victor Hugues rétablissait l’esclavage qu’Olympe de Gouges avait
vainement combattu. Pierre Aubry de Gouges expira quelques mois plus
tard, le 17 pluviôse an XI (6 février 1803) à Macouria, sans doute de la
malaria. Son épouse se remaria avec le citoyen Audibert, originaire de
Marseille, et quelques années plus tard, elle dut fuir la Guyane
conquise en 1809 par les Portugais, dans un climat de violence. Elle
embarqua pour la France sur un navire, l'Éridan, qui fut capturé et
détourné par un corsaire anglais. Pendant ces événements, Mme Aubry
mourut à bord, et son corps fut jeté à la mer. Ses fils retournèrent
plus tard en France. Une des petites-filles d’Olympe,
Anne-Hyacinthe-Geneviève, épousa un capitaine anglais, William Wood, et
sa sœur Charlotte épousa un riche Américain, Robert S. Garnett
(1789-1840), membre du Congrès de 1820 à 1827, et propriétaire de
plantations en Virginie. Les descendants connus d’Olympe de Gouges, aux
famille et le procès-verbal d’exécution de leur ancêtre.
Presque aucun article de fond, aucune recherche sérieuse n'a été
consacrée à Olympe de Gouges par la revue de référence de la Société des
études robespierristes (AHRF), dont le premier numéro consacré aux
femmes est publié en 2006cite-ref-84[76]. En 1992, Florence Gauthier, membre alors
de la SER, mentionnait rapidement sa Déclaration des droits de la femme
et de la citoyenne comme relevant en septembre 1791 d'une tentative
d'extension du droit naturel et du contrat social aux femmes, limité par
l'assemblée constituante aux hommescite-ref-85[77]. Dans les années 1990 et 2000,
un autre ancien membre de la SER, Jean-Daniel Piquet, a inséré le
parcours du personnage, ses forces et ses limites, dans ses recherches
sur l'histoire coloniale de la Révolution française, alors que cet
aspect du personnage n'était jusque là abordé que dans les monographies
biographiques de cette révolutionnairecite-ref-86[78]. Hors de la SER, Olympe de
Gouges est largement évoquée dans la contribution d'Olivier Blanccite-ref-87[79].
Cette absence prolongée de repères historiographiques solides a
contribué au dédain dont Olympe de Gouges fut et est encore l’objetcite-ref-88[80].
Cependant, la méconnaissance de la psychologie du personnagecite-ref-89[note 9] a
contribué à susciter des interrogations sur sa santé mentale. Il a par
exemple été soutenu qu’elle ne savait pas véritablement lire ni écrire,
alors qu’on dispose de quelques-unes de ses lettres écrites à la
prison de l'Abbaye, certes avec des maladresses de style ou
d'orthographe. Elle était abonnée à divers journaux et un portrait la
représente un livre à la maincite-ref-doc-90-0[81].
L’hostilité à l’égard de femmes engagées comme le fut Olympe de Gouges a
souvent été le fait d’autres femmes, ainsi qu’elle le déplorait déjà en
son temps. Elle déclare, dans une de ses pièces de théâtre :
« Les femmes n’ont jamais eu de plus grands ennemis qu’elles-mêmes.
Rarement on voit les femmes applaudir à une belle action, à l’ouvrage
d’une femmecite-ref-91[82]. »
Dans le postambule de sa Déclaration des droits de la femme (septembre
1791), elle émet l'idée que l’infériorité contrainte de la femme l’a
amenée à user de ruse et de dissimulation : « Les femmes ont fait plus
de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur
partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse le leur a rendu ;
elles ont eu recours Ă toutes les ressources de leurs charmes, et le
plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur
était soumis ; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le
gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de
l’administration nocturne des femmes ; le cabinet n’avait point de
secret pour leur indiscrétion ; ambassade, commandement, ministère,
présidence, pontificat, cardinalat ; enfin tout ce qui caractérise la
sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et
à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la
révolution, respectable et méprisé ». Elle exhortait donc les femmes de
son temps à réagir : « Femmes, ne serait-il pas grand temps qu’il se fît
aussi parmi nous une révolution ? Les femmes seront-elles toujours
isolées les unes des autres, et ne feront-elles jamais corps avec la
société, que pour médire de leur sexe et faire pitié à l’autre ? »cite-ref-92[83].
Hommages
Reconnaissance et célébration en Occident
Marie-Olympe de Gouges sort de l'anecdote de la petite histoire après la
fin de la Seconde Guerre mondiale. Étudiée particulièrement aux
écrits font d'elle une des figures phares de la fin du XVIIIe
sièclecite-ref-doc-90-1[81]. Elle est considérée comme la première féministe
françaisecite-ref-93[84].
En France, quelques érudits régionalistes, entre autres, se sont
intéressés au personnage (se fondant notamment sur la publication en
1912 du tome X du Répertoire général des sources manuscrites de
l'histoire de Paris pendant la Révolution française d'Alexandre Tuetey
qui recense les actes du procès d'Olympe de Gouges, ses lettrescite-ref-blanc2003250-94-0[85]), ce
qui n'empĂŞche pas des historiens comme Alain Decaux de continuer dans
son Histoire des Françaises en 1972 à manifester une certaine hostilité
à son égardcite-ref-blanc200345-95-0[86]. C’est après la parution (1981) de la biographie
d'Olivier Blanc qui a exhumé les sources manuscrites, entre autres
notariales, et lors de la préparation du bicentenaire de la Révolution
de 1789, que les textes d'Olympe de Gouges ont été joués et éditéscite-ref-doc-90-2[81].
De nombreux articles universitaires et notamment ceux de Gabrielle
Verdier (États-Unis) et de Gisela Thiele-Knobloch (Allemagne) ont dégagé
l'intérêt de l'œuvre dramatique d'Olympe de Gouges qui aborde des thèmes
nouveaux comme l'esclavage (Zamore et Mirza), le divorce (Nécessité du
divorce), la prise de voile forcée (Le Couvent) et autres sujets
sensibles à son époque.
Depuis octobre 1989, Ă l'initiative de l'historienne
Catherine Marand-Fouquet, plusieurs pétitions ont été adressées à la
présidence de la République demandant la panthéonisation d'Olympe de
Gouges. Jacques Chirac, conseillé par Alain Decaux, n'a pas donné suite.
En novembre 1993, Catherine Marand-Fouquet engage une manifestation
devant le Panthéon de Paris pour commémorer le bicentenaire de
l'exécution d'Olympe de Gouges.
Fin 2013, le nom d'Olympe de Gouges circule parmi les « panthéonisables
»cite-ref-96[87]. Mais ce sont deux autres femmes Germaine Tillion et Geneviève de
Gaulle-Anthonioz qui sont choisies en 2014 pour être inhumées au
Panthéoncite-ref-97[88].
Télévision
Elle fait partie des figures féminines de la Révolution française
traitées dans le cadre de l'émission Secrets d'histoire, intitulée
Les femmes de la Révolution diffusée le 12 juillet 2016 sur
Quelque trente ans auparavant, le 16 avril 1985 sur Antenne 2,
Benoîte Groult avait dressé le portrait d'Olympe de Gouges dans la
rubrique Au nom des femmes de l'émission Aujourd'hui la viecite-ref-100[91].
Le documentaire Aux armes, citoyennes ! Les femmes dans la Révolution
française d'Arte, diffusé en juillet 2025, réalisateur Mathieu Schwartz
et Émilie Valentin, retrace son implication dans la
de Guillaume Mazeau, historien Ă
l'université Paris I - Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la Révolution
Odonymie
De nombreuses municipalités françaises ont rendu hommage à Olympe de
Gouges en donnant son nom à des établissements scolaires, des voies
publiques, des bâtiments publics, dont la place Olympe-de-Gouges Ă
Paris, le « centre Olympe de Gouges » (maternité et gynécologie) du
Olympe de Gouges » à Noisy-le-Sec et Montech, les médiathèques
Olympe-de-Gouges Ă Joigny et Ă Strasbourg, pĂ´le d'excellence sur
l'égalité de genre, le « théâtre Olympe-de-Gouges » à Montauban, le parc
public « Olympe de Gouges » à Annemasse, etc. Chaque année à la
Fête de l'Humanité, une allée porte son nom.
Divers
En 1989, Nam June Paik a créé une œuvre intitulée Olympe de Gouges in La
fĂ©e Ă©lectronique. Cette Ĺ“uvre, commandĂ©e par la municipalitĂ© de Paris Ă
l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, est aujourd'hui
exposée au musée d'Art moderne de la ville de Paris.
Le 7 mai 2014, Ă l'occasion du 266e anniversaire de la naissance
d'Olympe de Gouges, le moteur de recherche Google lui consacre un
Le 18 janvier 2016, Christiane Taubira, ministre de la Justice, a
baptisé « Olympe de Gouges » le bâtiment des services centraux du
ministère de la Justice, situé au 35, rue de la Gare, dans le
Le 19 octobre 2016, un buste d'Olympe de Gougescite-ref-108[99] réalisé par le
sculpteur Fabrice Gloux et Jeanne Spéhar est installé dans la salle des
Quatre-Colonnes du palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale. C'est
la première représentation d'une femme politique parmi les œuvres d'art
Le 15 mars 2019, l'université Bordeaux-Montaigne renomme un amphithéâtre
Ă son nomcite-ref-111[102].
Elle fait partie des dix statues de femmes présentées lors de la
cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques (avec l'avocate et féministe
Gisèle Halimi, la philosophe et poétesse Christine de Pizan,
l’exploratrice Jeanne Barret, l’anarchiste Louise Michel, la
réalisatrice Alice Guy, la cadre sportive Alice Milliat, l’écrivaine
Paulette Nardal, la philosophe Simone de Beauvoir et la femme politique
Simone Veil), qui sont réinstallées le 26 juillet 2024
rue de la Chapellecite-ref-112[103].
Olympe de Gouges et les mouvements révolutionnaires russes
La reconnaissance tardive de ce personnage féminin dans l'après-guerre
occidental ne vaut pas pour la Russie et l'Union soviétique. D'après un
» d'Olympe de Gouges avaient déjà été traduits en russe dès la fin du
XIXe sièclecite-ref-113[104]. Ainsi en fut-il de sa Déclaration des droits de la
femme et de la citoyenne. Et chez les bolcheviks eux-mêmes « le legs
intellectuel » d'Olympe de Gouges « va inspirer les femmes du Jenotdel,
bureau des affaires féminines en Union soviétique »cite-ref-114[105]. Ce fut donc
notamment sur la base de la Déclaration des droits de la femme et de la
citoyenne que les Bolcheviks appliquèrent dès les premières années de la
révolution russe le principe professionnel « À travail égal, salaire
égal » et la scolarisation égale pour les deux sexes.
Ĺ’uvres
Théâtre
• Zamore et Mirza, ou l'Heureux naufrage, 1784.
• Le Mariage inattendu de Chérubin, Séville et Paris, Cailleau, 1786.
• L'Homme généreux, Paris, chez l’auteur, Knapen et fils, 1786.
• Le Philosophe corrigé ou le cocu supposé, Paris, 1787.
• Molière chez Ninon, ou le siècle des grands hommes [1], 1788.
• Bienfaisance, ou la bonne mère suivi de La bienfaisance récompensée,
1788.
• Œuvres de Madame de Gouges, dédié à Monseigneur le duc d'Orléans, 2
volumes, Paris, chez l’auteur et Cailleau, (février) 1788 (recueil des
premières pièces imprimées avec préfaces et postfaces, dont Zamore et
Mirza et Réflexions sur les hommes nègres).
• Œuvres de Madame de Gouges, dédié à Monseigneur le prince de Condé, 1
volume, Paris, chez l'auteur et Cailleau, septembre 1788.
• Le Marché des Noirs, manuscrit déposé et lu à la Comédie-Française,
1790.
• Le Nouveau Tartuffe, ou l'école des jeunes gens, manuscrit déposé et
lu à la Comédie-Française, 1790.
• Les Démocrates et les aristocrates, ou les curieux du champ de Mars,
1790.
• La Nécessité du divorce, manuscrit conservé à la Bibliothèque
nationale, 1790.
• Le Couvent, ou les vœux forcés Paris, veuve Duchesne, veuve Bailly et
marchands de nouveautés, octobre 1790.
• Mirabeau aux Champs Élysées, Paris, Garnery, 1791.
• L’Esclavage des Noirs, ou l'heureux naufrage, Paris, veuve Duchesne,
veuve Bailly et les marchands de nouveautés, 1792. (Lire le texte).
• La France sauvée, ou le tyran détrôné, manuscrit, 1792.
• L'Entrée de Dumouriez à Bruxelles, ou les vivandiers, 1793.
Écrits politiques (brochures, affiches, articles, discours, lettres)
• Réflexions sur les hommes nègres, 1788.
• Lettre au Peuple ou projet d’une caisse patriotique, par une
citoyenne, septembre 1788.
• Remarques patriotiques par la Citoyenne auteur de la Lettre au peuple,
Paris, décembre 1788.
• Le Bonheur primitif de l’homme, ou les rêveries patriotiques,
Amsterdam et Paris, Royer, 1789.
• Dialogue allégorique entre la France et la Vérité', dédié aux États
Généraux, (avril) 1789.
• Le Cri du sage, par une femme, Paris, (mai) 1789.
• Avis pressant, ou Réponse à mes calomniateurs, Paris, (mai) 1789.
• Pour sauver la patrie, il faut respecter les trois ordres, c’est le
seul moyen de conciliation qui nous reste, Paris, juin 1789.
• Mes vœux sont remplis, ou Le don patriotique, par Madame de Gouges,
dédié aux États généraux, Paris, juin 1789.
• Discours de l’aveugle aux Français, par Madame de Gouges, Paris, 24
juin 1789.
• Lettre à Monseigneur le duc d’Orléans, premier prince du sang, Paris,
juillet 1789.
• Séance royale. Motion de Mgr le duc d’Orléans, ou Les songes
patriotiques, dédié à Mgr le duc d’Orléans, par Madame de Gouges, 11
juillet 1789.
• L’Ordre national, ou le comte d’Artois inspiré par Mentor, dédié aux
États généraux, Paris, juillet-août 1789.
• Lettre aux représentants de la Nation, Paris, L. Jorry, (septembre)
1789 (« Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur »).
• Action héroïque d’une Française, ou la France sauvée par les femmes,
par Mme de G…, Paris, 10 septembre 1789.
• Le Contre-poison, avis aux citoyens de Versailles, Paris, octobre
1789.
• Lettre aux rédacteurs de la Chronique de Paris, 20 décembre 1789.
• Réponse au Champion américain, ou Colon très aisé à connaître, Paris,
18 janvier 1790.
• Lettre aux littérateurs français, par Madame de Gouges, Paris, février
1790.
• Les Comédiens démasqués, ou Madame de Gouges ruinée par la Comédie
française pour se faire jouer, Paris, 1790.
• Départ de M. Necker et de Mme de Gouges, ou Les adieux de Mme de
Gouges aux Français, Paris, 24 avril 1790.
• Projet sur la formation d’un tribunal populaire et suprême en matière
criminelle, présenté par Mme de Gouges le 26 mai 1790 à l’Assemblée
nationale, Paris, Patriote français, 1790.
• Bouquet national dédié à Henri IV, pour sa fête, Paris, juillet 1790.
• Œuvres de Madame de Gouges, Paris, 1790 (recueil factice des écrits
politiques de 1788 Ă 1790).
• Le Tombeau de Mirabeau, avril 1791.
• Adresse au roi, adresse à la reine, adresse au prince de Condé,
Observations Ă M. Duveyrier sur sa fameuse ambassade, par Mme de Gouges,
Paris, (mai) 1791.
• Sera-t-il roi ne le sera-t-il pas ?, par Madame de Gouges Paris, juin
1791.
• Observations sur les étrangers, juillet 1791.
• Repentir de Madame de Gouges, Paris, lundi 5 septembre 1791.
• Les Droits de la femme. À la reine, signé « de Gouges ».
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, septembre 1791.
• Le Prince philosophe (conte oriental), Paris, Briand, 1792.
• Le Bon Sens du Français, 17 février 1792.
• Lettre aux rédacteurs du Thermomètre du Jour, 1er mars 1792.
• L’Esprit français ou problème à résoudre sur le labyrinthe de divers
complots, par madame de Gouges, Paris, veuve Duchesne, 22 mars 1792.
• Le Bon Sens français, ou L’apologie des vrais nobles, dédié aux
Jacobins, Paris, avril 1792cite-ref-115[106].
• Grande éclipse du soleil jacobiniste et de la lune feuillantine, pour
la fin d’avril ou dans le courant du mois de mai, par la LIBERTE, l’an
IVe de son nom, dédié à la Terre (avril) 1792.
• Lettre aux Français, avril 1792.
• Lettres à la reine, aux généraux de l’armée, aux amis de la
constitution et aux Française citoyennes. Description de la fête du 3
juin, par Marie-Olympe de Gouges, Paris, société typographique aux
Jacobins Saint-Honoré, juin 1792.
• Œuvres de Madame de Gouges, 2 vol., Paris, veuve Duchesne (textes et
théâtre politiques de 1791 et 1792).
• Pacte national par Marie-Olympe de Gouges, adressé à l’Assemblée
nationale 5 juillet 1792.
• Lettre au Moniteur sur la mort de Gouvion, 15 juillet 1792.
• Aux Fédérés, 22 juillet 1792.
• Le Cri de l’innocence (septembre) 1792.
• La Fierté de l’innocence, ou le Silence du véritable patriotisme, par
Marie-Olympe de Gouges (septembre) 1792.
• Les Fantômes de l’opinion publique. L’esprit qu’on veut avoir gâte
celui qu’on a, Paris, (octobre) 1792.
• Réponse à la justification de Maximilien Robespierre, adressé à Jérôme
Pétion, par Olympe de Gouges, novembre 1792.
• Pronostic sur Maximilien Robespierre, par un animal amphibie (signé «
Polyme »), 5 novembre 1792.
• Correspondance de la Cour. Compte moral rendu et dernier mot à mes
chers amis, par Olympe de Gouges, Ă la Convention nationale et au
peuple, sur une dénonciation faite contre son civisme aux Jacobins par
le sieur Bourdon, Paris, novembre 1792.
• Mon dernier mot à mes chers amis, décembre 1792.
• Olympe de Gouges défenseur officieux de Louis Capet, de l’imprimerie
de Valade fils aîné, rue Jean-Jacques Rousseau, 16 décembre 1792.
• Adresse au don Quichotte du Nord, par Marie-Olympe de Gouges, Paris,
Imprimerie nationale, 1792.
• Arrêt de mort que présente Olympe de Gouges contre Louis Capetcite-ref-116[107],
Paris, 18 janvier 1793.
• Complots dévoilés des sociétaires du prétendu théâtre de la
République, Paris, janvier 1793.
• Olympe de Gouges à Dumouriez, général des armées de la République
française, Paris, 22 janvier 1793.
• Avis pressant à la Convention, par une vraie républicaine, Paris, 20
mars 1793.
• Testament politique d’Olympe de Gouges, 4 juin 1793cite-ref-117[108].
• Œuvres de Madame de Gouges, 2 volumes, Paris, 1793 (écrits politiques
de 1792 et 1793).
• Les Trois Urnes, par un voyageur aériencite-ref-118[109], (19 juillet) 1793.
• Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire, paru dans la première
quinzaine d'août 1793.
• Une patriote persécutée, à la Convention nationale, signé « Olympe de
Gouges », 21 septembre 1793.
Éditions modernes
• groult2013beno-te-groult2013Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges : la Déclaration des
droits de la femme et autres textes politiques, Paris, Éditions Grasset,
2013, 205 p. (ISBN 978-2-253-17750-0, lire en ligne).
• Écrits politiques, présentés par Olivier Blanc, vol. I (1789-1791),
vol. II (1792-1793), Paris, Éditions Côté Femmes, 1993.
• Théâtre politique, « Préface » de Gisela Thiele-Knobloch, Paris, Côté
2-907883-59-3).
• Œuvres complètes, deux tomes présentés par Félix-Marcel Castan,
Montauban, éditions Cocagne :
• Tome I Théâtre.
• Tome II Philosophie.
• Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Paris, Mille et
une nuits, (ISBN 2842057465).
• 2014Femme, réveille-toi ! : Déclaration des droits de la femme et de la
citoyenne et autres écrits (préf. Martine Reid), Paris,
Éditions Gallimard, coll. « Folio 2€ », 2014, 99 p. (ISBN
978-2-07-045742-7)
• varikas1989eleni-varikas1989Eleni Varikas (présentation), Zamor et Mirza : édition avec préface de
1792, Paris, Éditions Côté Femmes, 1989.
• Olympe de Gouges, Œuvres présentées par Benoîte Groult, Paris, Mercure
de France, 1986.
Dans les arts et la culture populaire
Littérature
Romans
• Geneviève Chauvel, Olympecite-ref-119[note 10], Paris, Éditions Olivier Orban,
1989
• Maria-Rosa Cutrufelli, J'ai vécu pour un rêve. Les derniers jours
d'Olympe de Gouges, Éditions Autrement, 2008
• Joëlle Gardes, Olympe de Gouges. Une vie comme un romancite-ref-120[note 11],
Paris, Éditions de l’Amandier, 2008
• Caroline Grimm, Moi, Olympe de Gouges, Paris, Calmann-Lévy, 2009 (ISBN
978-2-70213-989-9)
Bande dessinée
• Catel et José-Louis Bocquet, Olympe de Gougescite-ref-olymp1-121-0[110]cite-ref-olymp2-122-0[111], Paris,
Casterman, 2012, 488 p. (ISBN 978-2-20303-177-7).
Roman graphiquecite-ref-123[note 12].
Théâtre
• Olympe de Gouges, l'oubliĂ©e de l'histoire de Dominique Wenta, créé Ă
la mairie du 4e arrondissement de Paris à l’occasion de l’inauguration
de la place Olympe-de-Gouges, le 8 mars 1993.
• Olympe de Gouges, j'ai dit ! de Giancarlo Ciarapica, créé au festival
d'Avignon 2010, publié chez Christophe Chomant éditeur.
• La Colère d'Olympe de Darja Stocker (titre original : Zornig geboren),
traduit de l'allemand par Charlotte Bomy, coll. « Nouvelles Scènes »
(bilingue), PUM, Toulouse, 2012.
• Olympe de Gouges, dramaturgie et mise en scène Jean-Pierre Armand
assisté par Marie Jean, créé le 6 novembre 2012 à la Cave Poésie de
Toulouse par la Compagnie Théâtre du Cornet à dés. Textes de Gilbert
Geraud d'après les écrits politiques d'Olympe de Gougescite-ref-124[note 13].
• Terreur-Olympe de Gouges de Elsa Solal, mise en scène Sylvie Pascaud
avec Anne-Sophie Robin, Martial Jacques, Gilles Nicolas, Alain Granier,
théâtre du Lucernaire, 2013.
• The Revolutionists (Les Révolutionnaires), pièce de Lauren Gunderson,
qui a été créée au Cincinnati Playhouse in the Park en février 2016 avec
• J'ai rêvé la Révolution de Catherine Anne, créé au
Théâtre des Quartiers d'Ivrycite-ref-tqi-127-0[114] en 2018.
« […] Le sentiment que l’action peut se dérouler aujourd’hui, dans un
autre pays, fait place, peu Ă peu, Ă la conscience que cela a eu lieu
autrefois, ici. J’ai choisi cette ambivalence, cette tension, et
l’épure d’une pièce intimiste pour évoquer la figure et les derniers
jours d’une femme, guillotinée en novembre 1793 pour ses idées et ses
écrits, Olympe de Gouges. »
— C. Annecite-ref-tqi-127-1[114]
• Et… cris, Olympe de Gouges (1748-1793) de Claude Darvy et Danielle
Nettercite-ref-128[115].
• Où vont les Gilets Jaunes ? avec Olympe de Gouges en 1793, pièce
radiophonique mise en scène par Les Capsules d'Olen.[réf. nécessaire]
• Olympe de Gouges, plus vivante que jamais, pièce de Joëlle
Fossier-Auguste mise en scène par Pascal Vitiello (août-octobre 2023 au
• Olympe, seule-en-scène de Frank Salin d'après les écrits et l'œuvre
d'Olympe de Gouges où elle est interprétée sur scène par Firmine Richard
au Festival d'Avignon (Festival "Off") en juillet 2024cite-ref-130[117]cite-ref-131[118]cite-ref-132[119].
Filmographie
Cinéma
Télévision
Téléfilm
Notes et références
Notes
cite-note-7note 1. ↑ « Dans une brochure sans date, mais qui ne peut être que de 1786 à 1788, Olympe de Gouges glisse une auto-biographie sous des noms supposés. Cette brochure, qui devait être publiée d'abord sous le nom de Roman de Madame de Valmont, paraît avec un nouveau titre : « Mémoire de Madame de Valmont sur l'ingratitude et la cruauté de la famille de Flaucourt envers la sienne, dont les sieurs de Flaucourt ont reçu tant de services ». Pour l'intelligence du récit, et pour montrer le fond qu'on peut faire des assertions d'Olympe, est d'abord cité le principal passage de ce livre, qui est un roman par lettres où Olympe s'est mise constamment en scène sous le nom de Valmont, et a donné celui de Flaucourt à la famille Le Franc de Caix et de Pompignan. Voici le passagecite-ref-4[4], auquel sont ajoutés entre parenthèses les véritables nomscite-ref-5[5] » Auto-biographie d'Olympe de Gouges “Je sors d'une famille riche et estimable, dont les événements ont changé la fortune. Ma mère était fille d'un avocat très lié avec le grand-père du marquis de Flaucourt (Le Franc), à qui le ciel avait donné plusieurs enfants. L'éducation du marquis, l'aîné de ces enfants (Le Franc de Pompignan), fut confiée à mon grand-père (Jacques Mouisset), qui s'en chargea par pure amitié. Le cadet (Georges Le Franc), que son mérite a élevé jusqu'à l'archiépiscopat, fut allaité par ma grand'mère ; il devint par là le frère de lait de celle qui m'a donné le jour (Anne Olympe Mouisset), et qui fut tenue sur les fonts baptismaux par le marquis, son frère aîné. […] Ma mère devint donc chère à tous les Flaucourt (Le Franc). Le marquis, son parrain, ne la vit pas avec indifférence ; l'âge et le goût formèrent entr'eux une douce sympathie dont les progrès furent dangereux. Le marquis, emporté par l'amour le plus violent, avait projeté d'enlever ma mère et de s'unir avec elle dans un climat étranger. Les parents du marquis et de ma mère s'étant aperçus de cette passion réciproque trouvèrent bientôt le moyen de les éloigner. […] Ma mère fut cependant mariée ; le marquis envoyé à Paris, où il débuta dans la carrière dramatique par une tragédie qui rendra son nom immortel (Didon). Il revint dans sa province, où il trouva celle qu'il avait aimée, et dont il était encore épris, mariée et mère de "plusieurs enfants dont le père était absent". […] Je vins au monde le jour même de son retour (de Gouze), et toute la ville pensa que ma naissance était l'effet des amours du marquis. […] Il employa tous les moyens pour obtenir de ma mère qu'elle me livrât à ses soins paternels. […] ce qui occasionna entr'eux une altercation dont je fus victime. Je n'avais que six ans quand le marquis partit pour ses terres, où la veuve d'un financiercite-ref-6[6] vint l'épouser”.
cite-note-9note 2. ↑ Son grand-père est dit « maître tondeur de draps ».
cite-note-37note 3. ↑ Le manuscrit de cette pièce a été brûlé au lendemain de son exécution, sur ordre de Fouquier-Tinville au président de la section du Pont-Neuf, avec les autres papiers saisis chez elle (« pour ne pas contaminer l’esprit public »).
cite-note-76note 5. ↑ Madeleine Kolly est condamnée en mai 1793 avec son mari, le fermier général Pierre Paul, baron de Kolly (1751-3 mai 1793) pour complot contre-révolutionnaire, décapitée le 15 brumaire suivant.
cite-note-77note 6. ↑ Fouquier-Tinville est plus tard condamné à mort pour avoir, entre autres faits, envoyé des femmes enceintes à l'échafaud (acte d'accusation de Fouquier-Tinville en l'an III).
cite-note-80note 7. ↑ Napoléon, éclairé par Fanny de Beauharnais et Mme de Montesson sur cette triste affaire, semble lui avoir tenu rigueur de son attitude en l'envoyant en commandement en Guyane.
cite-note-81note 8. ↑ S’adressant aux républicaines.
cite-note-89note 9. ↑ Elle aimait plaisanter, ainsi qu’on s'en rend compte à la lecture de ses textes et de son aveu même, et souvent telle gasconnade ou provocation de sa part, ainsi les défis en duels qu’elle lance à des hommes, ne sont-ils pas à prendre avec trop de sérieux.
cite-note-119note 10. ↑ Le portrait de couverture représente la comtesse Skavronskia, par Élisabeth Vigée Le Brun.
cite-note-120note 11. ↑ Le portrait de couverture, miniature par Mme Doucet de Suriny exposée au Salon de l'an IV, représente Julie Candeille.
cite-note-123note 12. ↑ Complété par une documentation comportant une chronologie, trente-neuf notices biographiques et une bibliographie sur Olympe de Gouges, son temps et les personnages qu'elle a côtoyés.
cite-note-124note 13. ↑ Documentation de Evelyne Romain, Rotureau et Olivier ; images vidéos : Bruno Wagner ; lumières et régie générale : Gérard Bruneau ; son : Jean Rigaud ; scénographie : Olivier Hebert ; accessoires scéniques : Annie Giral ; costumes : Marianne Levasseur ; enregistrement : Studio de la Manne.
Références
cite-note-wikidata-0d8638e86fcb6f2299c11f7b1c83293af28ca61f-11. « http://hdl.handle.net/11653/arch63 » (consulté le 18 mars 2017)
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cite-note-2119. ↑ lacour1900l-opold-lacour1900Léopold Lacour, Les origines du féminisme contemporain: trois femmes de la Révolution, Plon-Nourrit, 1900 (lire en ligne), p. 14-15
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cite-note-2927. ↑ 1982« Olympe de Gouges », Annales historiques de la Révolution française, nos 247-250,‎ 1982 (lire en ligne)
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cite-note-groult2013174-175-4945. ↑ Groult 2013, p. 174-175.
cite-note-5046. ↑ Jean-Daniel Piquet, L'Émancipation des Noirs… p. 137 ; "forme du contrat social de l'homme et de la femme" (p. 171-176).
cite-note-groult2013175-5147. ↑ Groult 2013, p. 175.
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cite-note-5652. ↑ Olympe de Gouges « Remarques Patriotiques, par la Citoyenne, Auteur de la Lettre au Peuple » 48 p. (aussi ici).
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cite-note-blanc2003149-150-5854. ↑ Blanc 2003, p. 149-150.
cite-note-5955. ↑ L’esprit français, ou problème à résoudre sur le labyrinthe des divers complots, dédié à Louis XVI 32 p. p. 8. introduction VIII p.
cite-note-6056. ↑ Olympe de Gouges, Grande éclipse du soleil jacobiniste et de la lune feuillantine pour la fin d'avril ou le courant du mois de mai ; par la liberté l'an IV de son nom, dédiée à la terre.
cite-note-6157. ↑ L'esprit français ou problème à résoudre sur le labyrinthe des divers complots, adressé à l’assemblée législative le 22 mars 1792, BNF, Gallica, p. 6.
cite-note-6258. ↑ Olympe de Gouges, Le bon sens français ou l'apologie des vrais nobles, dédié aux jacobins, 15 avril 1792.
cite-note-6359. ↑ Olympe de Gouges, Œuvres présentées par Benoîte Groult, Paris, Mercure de France 1986, p. 162-163.
cite-note-6460. ↑ Arrêt de mort que présente Olympe de Gouges contre Louis Capet, Paris, 18 janvier 1793.
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cite-note-groult2013177-178-6965. ↑ Groult 2013, p. 177-178.
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cite-note-7167. ↑ Projet d'un second théâtre et d'une maternité, 1789 dans Groult 2013, p. 118-126.
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cite-note-7470. ↑ Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme, Paris, Éditions du Félin-Kiron, Pocket, p. 114.
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Voir aussi
Bibliographie
Ouvrages
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Alternatives, Paris, 1989, 236 p. + 8 p. de planches illustrées.
• blanc2003olivier-blanc2003Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges. Une humaniste à la fin du
XVIIIe siècle, Cahors, Éditions René Viénet, 2003, 272 p. (ISBN
2849830003). Liste complète des écrits publiés par Olympe de Gouges de
1786 à 1793, nombreux manuscrits inédits, bibliographie critique, index,
cahier d’illustrations de huit pages en noir et en couleur. Recension :
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Articles
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Audio/vidéo
• Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la
citoyenne (audiolivre).
• Biographie vidéo sur BnF/Gallica.
Articles connexes
• François Poullain de La Barre, un précurseur de 1673
• Catherine Marand-Fouquet (1942-)
• Bathilde d'Orléans (1750-1822)
Liens externes
• « Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme »,
Franck Ferrand raconte, Radio Classique, 5 mars 2025.
• L’œuvre d’Olympe de Gouges sur Gallica/BnF, Ă consulter en ligne ou Ă
télécharger.
• Procès de Marie-Olympe de Gouges devant le Tribunal révolutionnaire.
Bases de données et dictionnaires
• Ressources relatives au spectacle : Les Archives du spectacle César
• Ressource relative à la recherche : Internet Encyclopedia of
Philosophy
• Ressource relative à plusieurs domaines : Radio France
• Ressource relative à la musique : MusicBrainz
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